Combattre les insectes xylophages. Traitement par anoxie de la collection d’œuvres en bois

Cet été, le musée diocésain a entrepris un important chantier de conservation autour de la collection d’œuvres et d’objets en bois infestés par des insectes xylophages. Pour les éliminer, le musée a opté pour un traitement par anoxie. Le traitement est désormais terminé. Retour sur cette aventure en images, avec une vidéo concoctée par Maxime Beltran, jeune historien de l’art, archéologue et vidéaste !


Le traitement par anoxie en quelques mots

Pour lutter contre les insectes xylophages, le traitement par anoxie s’est révélé être la meilleure solution. Ce procédé simple consiste à isoler les œuvres dans un milieu duquel l’oxygène est supprimé, ce qui a pour effet de tuer tous les insectes, quel que soit leur stade de développement (œufs et larves) ou leur emplacement dans le bois. Méthode neutre, sans aucun risque pour les personnes ou l’environnement, l’anoxie garantit la préservation des objets et n’altère aucunement leur état. Le traitement par anoxie autorisait aussi de traiter tous les objets en même temps, dans les locaux du musée.

Ce traitement, qui nécessite un savoir-faire et une installation lourde, est effectué par une société spécialisée. En pratique, les objets sont placés dans une grande housse (faite d’un film étanche composé de plastique et d’aluminium) parfaitement scellée. À l’intérieur de cette poche, l’oxygène est remplacé par un gaz neutre et inerte – de l’azote, dans le cas du traitement au musée diocésain.  Pendant la durée du traitement, le taux d’oxygène est contrôlé régulièrement. La température ambiante doit être supérieure à 20° C pendant la durée du traitement, car quand il fait froid, les insectes ont la capacité de se mettre dans un état « d’apnée » et pourraient résister au traitement. L’atmosphère est contrôlée afin de maintenir un taux d’humidité relative stable, pour éviter les réactions du bois.

Une fois le taux d’oxygène requis atteint (0,1 %), les objets sont restés dans la poche scellée pendant quatre semaines, durée nécessaire pour éliminer les insectes à tous leurs stades de développement (œufs, larves, nymphes). Si le traitement par anoxie est aujourd’hui fini, l’aventure n’est pas terminée. Certaines sculptures, particulièrement fragilisées par les attaques des insectes, vont devoir être consolidées par l’injection de résine. Par ailleurs, si le traitement est efficace et sûr, il ne constitue pas une garantie pour l’avenir.  Le musée devra appliquer une bonne gestion des œuvres, afin de ne pas mêler des pièces saines à des œuvres suspectes. Les pièces nouvellement arrivées au musée seront placées en quarantaine, afin de déceler des infestations éventuelles. Si nécessaires, elles seront traitées individuellement.


Traitement de conservation-restauration : Fanny Cayron, Violette Demonty, Christine Cession

Installation des œuvres : Daniel Daix (SAN), Stanny Defays (SAN), Alain Fossion, Alex Furnémont, Charles Gilon (Archéolo-J), Marie Léonard, Marcel Malotaux, Rita & Jean Polet, Bernard Watelet, Geneviève Wilmet, François-Emmanuel Duchêne

Traitement par anoxie : Rentokil SA

Vidéo : Maxime Beltran

Coordination : Hélène Cambier

Remerciements :

L’équipe des bénévoles du musée diocésain, Anne, Rita, Catherine, Michelle, Geneviève, Alain, Alex, Christian, Marcel.  Et aussi Mireille, Caroline, Aude, Marie.

La Société archéologique de Namur

Archéolo-J

La Fabrique de la cathédrale Saint-Aubain

Le Diocèse de Namur

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